Les clés
- L’EIA indique que le rendement en essence s’est établi en moyenne à moins de 45% entre janvier et août 2026 et qu’il a été inférieur au minimum des cinq années précédentes chaque mois.
- Les rendements en carburant distillé ont dépassé la moyenne des cinq années précédentes chaque mois ; celui du carburéacteur s’est maintenu à 12% ou plus entre mars et août 2026.
- L’EIA associe cette évolution aux marges élevées et aux approvisionnements mondiaux limités en distillats et en carburéacteur ; les données contextuelles sur l’électricité ne montrent pas que l’électrification en soit la cause.
Une évolution du mélange de produits des raffineries
L’Administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA, selon son sigle anglais) indique qu’en 2026, les raffineries du pays ont réduit le rendement en essence et augmenté la production relative de distillats et de carburéacteur. L’analyse s’appuie sur le Petroleum Supply Monthly et porte sur des données allant jusqu’à août 2026. L’EIA précise que des marges de raffinage particulièrement élevées pour les distillats et le carburant aviation ont contribué à ces évolutions, dans un contexte de marges élevées pour ces carburants ; elle relie les marges des distillats aux contraintes d’approvisionnement mondial. (EIA : évolution des rendements des raffineries)
Le rendement d’une raffinerie exprime la proportion des produits obtenus qui correspond à un carburant donné pour chaque baril de pétrole brut traité. À lui seul, il n’équivaut pas à la quantité totale produite : celle-ci dépend aussi du volume de pétrole brut traité. Selon l’EIA, le parc de raffineries américain obtient généralement entre 45% et 50% d’essence par baril de pétrole brut ; l’essence, les distillats et le carburéacteur représentent généralement ensemble entre 85% et 90% des produits pétroliers issus de ce parc. (EIA : évolution des rendements des raffineries)
Ce qu’indiquent les chiffres jusqu’en août 2026
Entre janvier et août 2026, le rendement en essence s’est établi en moyenne à moins de 45% et a été inférieur au minimum des cinq années précédentes chaque mois. L’EIA associe principalement cette tendance aux efforts des raffineries pour réorienter une partie de leur production vers des carburants offrant des marges plus élevées.
À l’inverse, les rendements en carburant distillé ont généralement été supérieurs à ceux de l’année précédente et ont dépassé la moyenne des cinq années précédentes chaque mois de la période décrite. L’EIA associe les marges élevées des distillats aux contraintes d’approvisionnement mondial. Dans cette analyse, les distillats moyens désignent des produits apparentés par leurs points de coupe lors du raffinage ; les produits mis en évidence sont le carburant distillé et le carburéacteur. (EIA : évolution des rendements des raffineries)
Le rendement en carburéacteur a lui aussi été relativement élevé. En mars 2026, le parc américain a dépassé pour la première fois un rendement moyen de 12% pour ce carburant. Il s’est maintenu à 12% ou plus jusqu’en août, dernier mois inclus dans les données citées par l’EIA.
| Produit | Tendance décrite par l’EIA | Période ou référence |
|---|---|---|
| Essence | Moyenne inférieure à 45% ; sous le minimum des cinq années précédentes chaque mois | Janvier–août 2026 |
| Carburant distillé | Au-dessus de la moyenne des cinq années précédentes chaque mois | Janvier–août 2026 |
| Carburéacteur | Rendement moyen de 12% ou plus | Mars–août 2026 |
Ces chiffres comparent les rendements des raffineries, et non les parts de la consommation finale. Les produits ont des usages différents dans les transports : l’essence automobile est utilisée dans les voitures, les motos, les camions légers et les embarcations ; les carburants distillés, principalement dans les camions, les autobus, les trains et les navires ; et le carburéacteur, dans les avions à réaction et certains hélicoptères. (EIA : sources d’énergie des transports)
Électrification et consommation : contexte, pas explication de l’évolution
L’évolution rapportée par l’EIA concerne la composition des produits obtenus par les raffineries, et non un remplacement général des carburants par l’électricité. L’électricité est utilisée dans les transports publics et les véhicules électriques, mais les données disponibles sur sa consommation ne permettent pas de déterminer si l’électrification a causé des variations des rendements en essence, en diesel ou en carburéacteur.
En 2025, les produits pétroliers représentaient environ 89% de la consommation énergétique des transports aux États-Unis. Dans ce même secteur, l’essence — hors éthanol — représentait 52% de la consommation énergétique ; les carburants distillés, principalement le diesel et hors biocarburants mélangés au diesel, 22% ; et le carburéacteur, 13%. L’EIA indique que l’électricité utilisée par les réseaux de transports publics représentait moins de 1% de la consommation énergétique totale du secteur cette année-là. Il s’agit de chiffres sur la consommation des transports en 2025, et non de rendements de raffinage en 2026. (EIA : sources d’énergie des transports)
L’électricité a aussi des usages importants en dehors des transports, notamment dans les bâtiments et l’industrie. L’EIA indique que la consommation totale d’électricité aux États-Unis s’est élevée à environ 4,20 billions de kWh en 2025 et décrit différents usages par secteur. Ce contexte illustre l’ampleur de l’utilisation de l’électricité dans l’économie, mais ne constitue ni une vérification ni une explication de l’évolution observée dans les raffineries. (EIA : utilisations de l’électricité)
Portée des informations
L’EIA attribue en partie l’évolution des rendements aux marges de raffinage élevées pour les distillats et le carburéacteur, liées aux contraintes de l’approvisionnement mondial. Les données citées décrivent les mois jusqu’en août 2026 : elles ne permettent pas d’établir si la tendance s’est poursuivie par la suite et ne décrivent pas l’ensemble de l’année. Elles ne quantifient pas non plus, à elles seules, l’évolution de la production totale, puisque le rendement est une proportion du pétrole brut traité.
Les références sur la consommation et les usages de l’électricité apportent un contexte sur l’électrification et la consommation, mais portent sur d’autres mesures et périodes. Elles ne corroborent pas de manière indépendante le constat de l’EIA sur l’évolution des rendements des raffineries.
Ce que nous savons et ses limites
L’analyse de l’EIA utilise les données du Petroleum Supply Monthly jusqu’en août 2026 ; elle ne décrit donc ni l’année entière ni l’évolution ultérieure. Les rendements des raffineries n’équivalent pas à la consommation finale ni, à eux seuls, à la production totale. Les chiffres sur la consommation et les usages de l’électricité apportent un contexte, mais ne vérifient pas de manière indépendante l’évolution des rendements et n’établissent pas que l’électrification en soit la cause.
Suivez les preuves
Les sources originales pour explorer cette explication et ses limites.